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Vivre à Paris dans un espace décent c’est à dire plus de 10 m² implique soit d’être riche (héritage, gros salaires, rente…), soit d’être encore chez papa maman, soit d’être en couple, soit d’être en colocation.

D’aussi loin que je me souvienne je n’ai jamais eu de chez moi à moi toute seule, le studio de célibataire, je ne connais pas et je m’étonne toujours que l’on puisse vivre, dormir, manger et recevoir dans une même pièce ou pire partager les commodités (grandes joies étudiantes manifestement).

J’ai toujours eu la chance de vivre à Paris ou non loin; j’ai également fait toutes mes études à Paris et quand j’ai voulu prendre mon indépendance, elle s’est fait en douceur avec la possibilité de rentrer chez mes parents au moindre pépins (à savoir machine à laver et autre repas nourrissant pour une semaine entière)

La colocation s’est donc imposée à moi aussi évidemment qu’il était hors de question que je traverse la Seine, ou pire le périph.  Et le jour où mes parents ont réussi tant bien que mal à caser leur 4 mouflets ils sont partis faire les touristes sur la côte d’azur près de Nice et n’en sont jamais revenus.

Tout ça pour dire qu’à presque 30 ans je vis dans un appart que je déteste dans un vieil immeuble parisien où la voisine du dessus martèle du soir au matin  ses talons sur mon plafond et que je partage avec une coloc  dépressive pour le moins nymphomane atteinte d’allergie de propreté notoire puisqu’en 4 ans de colocation je ne l’ai jamais vu toucher un aspirateur ou nettoyer la salle de bain après son passage.

Virginie est donc un nid inépuisable d’anecdotes en tout genre qui font rire l’Egoïste (l’Homme comme dise les filles) mais qui me mettent les nerfs à vifs et qui me font cogiter à comment vais-je bien pouvoir faire pour la virer.

Ce serait simple il faudrait que je vive avec lui me diriez vous. Mais pour des raisons que j’expliquerais au fur et à mesure vous verrez que cette solution et pour le moins impossible sinon atrocement glauquissime.

Une fucking life, ça se mérite, je me demande juste quand je serais capable de regarder ma vie en face et de faire le ménage salutaire.

et elle adore ça!

Elle scrute, elle jauge, elle pèse le pour et le contre, elle constate, elle critique et elle se moque. Le tout avec un air blasé et un ton condescendant son it bag sous le bras et ses ongles rouges agripés à celui -ci sous son perfecto so rock n roll.

Personnellement, je n’ai  aucun problème avec ça, j’adore les langues de pute et j’adore langue de puter puissance 10. Mais voilà, je ne supporte plus ce clonage massif, pourquoi toutes les nanas arborent encore un style tellement 2008 ?

Les filles, le vernis rouge c’est plus possible, je n’en peux plus, il faut l’oublier, voire même il faut le jeter, quant à celles qui osent le vernis rouge écaillée, j’aimerais juste les flageller tellement c’est laid.

Depuis quelques années je trouve que la Parisienne perd de son élégance légendaire, elle se veut rock mais pas trop, bohémienne limite crado ou alors tellement vintage qu’elle pique les fringues de sa grand mère. Quand je  les vois défiler au bureau, je me marre, en réalité je crois que finalement je ne suis pas très sympa.

J’ai réfléchi à beaucoup de choses dernièrement, notamment pourquoi on demande toujours à l’autre de nous regarder dans les yeux quand il veut rompre.

J’me dis que c’est un truc de film ça, ou peut être qu’on se dit que si l’autre bafouille cela voudra dire qu’il nous ment et qu’il veut rester avec nous en fin de compte et qu’il y a autre chose, la fatalité en somme qui fait qu’il est obligé de nous faire ça… bla bla bla.

A moins que ce ne soit par masochisme, voir les yeux que l’on a aimé ne plus pétiller, respirer le vide complet pendant qu’il annonce la sentence finale?

Ou pire, l’espoir incrédule que s’il nous regarde dans le fond de l’oeil il va être subjuger et renoncer à nous larguer?

Je ne sais pas, je me suis toujours demandé ça, si c’était qu’une question d’honneteté ou de respect que sais-je, pourquoi ne pas le demander quand il nous dit je t’aime?

Rompre avec l’autre après tout c’est tout sauf honnête, envers l’autre du moins, cela peut l’être avec soi-même c’est déjà ça. Mais dans ces moments là, à moins d’être un monstre notoire, c’est retenir LA vérité, celle qui fait qu’on peut plus le blairer, la VRAI raison qui nous pousse à larguer, parce que oui, on est aussi un peu lache et il faut toujours une bonne raison pour abandonner. Enfin bonne, façon de parler, on la croit bonne à un moment donné, après s’en suit au choix les remords ou les regrets. Et puis on se rend compte que c’était juste avancer.

Try a picture.

Une mère venant d’accoucher embrassant son enfant, la chaire de sa chaire sur le front, encore humide.

Une grand mère embrassant les bonnes joues de son petit fils comme elle mangerait encore et encore cette si délectable gourmandise.

Un homme qui embrasse une femme, la tenant dans ses bras de peur qu’elle défaille.

Une femme embrassant un homme comme si c’était la dernière fois après un torrent de larmes.

Une femme qui embrasse un femme une main sur sa poitrine et l’autre sur ses hanches.

Un homme qui embrasse un homme, son époux, sa lumière après la tempète.

A first kiss…

Des lèvres qui s’efflorent, des bouches qui se cherchent, des langues qui s’explorent et le goût de l’autre tout au fond de mon être.

L’envie, extrême.

Intimacy.

Y’a comme un goût de sperme et de latex dans ce mot, et pourtant, il n’y a pas plus intime qu’un baiser, un simple baiser.

Tant de choses partagées, données, volées, dissimulées, inavouées, sans aucune fidélité encore moins d’intégrité.

Et puis rien.

Petit baiser, donné à la vas-vite avant de partir, du bout des lèvres, sans y penser, juste parce qu’on y est habitué.

Baiser volé, plein de courage et d’intensité, en un regard, découragé.

Baiser non désiré, lèvres fermées.

Baiser circonspect, sans alchimie, plein d’égoïsme, de l’homme qui n’aime pas les baisers langoureux qu’il en oublie tout le reste même de fermer les yeux et encore plus sa partenaire et ce qu’elle veut.

Just One Kiss, a real one se dit la femme qui n’aime plus l’homme qu’elle embrasse ou ses baisers peu passionés, qui aimerait ressentir, être aimer, s’aimer, aimer.

Just one kiss, a last one avant le pas décisif qui changera toute une vie.

“Thus with a kiss I die”*

V.3.120 Romeo & Juliet, Shakespeare

Le matin, je remonte les Champs-Elysées pour aller au travail. Je me suis toujours demandée en quoi cette avenue pouvait être la plus belle du monde. Je reconnais qu’en période de fêtes de fin d’année, l’avenue serait presque jolie, toutes ces illuminations basse consommation d’énergie mon oeil, sont aussi belles qu’un lapin pris en flag par les phares d’une voiture, oh joie de la campagne!

Cependant, la perspective d’une grande roue en fin de parcours m’enchante au plus au point. Comme un appel à l’élévation ou plus pragmatiquement des souvenirs de parties de tarot au fond d’un jardin une soirée d’été au gout de bierre bon marché et de tabac à rouler.

De même j’aime ces matins dans Paris, et même ici on dirait que le temps ne s’est  pas encore réveillé, tout est calme, presque vide, presque sourd, on entend au loin le bruit d’un aspirateur de rue, une voiture pressée qui démarre  et le silence. Le silence qui précède la  bataille  et le martèlement des passants. Il n’y a pas besoin d’augmenter le son de l’Ipod pour s’isoler, on peut se délecter de toutes les sensations sans jamais se faire bousculer. Malgré le froid on se sent bien, et ce matin là, alors que je remontais les Champs avec Benjamin qui murmurait dans mes oreilles La superbe, je me suis dit que Paris recouvert de neige ça n’a pas de prix et que La superbe en cet instant là était en adéquation parfaite avec l’éphémère beauté du paysage.

J’ai des TOC, a vrai dire je crois que tout le monde en a, mais certains sont plus atteints que d’autres. Je dois être dans la moyenne.Rien d’exceptionnel.

Depuis toujours cette pute de bouteille de lait me pourri la vie. Enfin depuis 20 ans au moins. Tout ça la faute à Kellogs. Forcement celui qui mange des corn flaskes connait ce supplice. Le lait doit être froid, çà évite de faire de ton bol une bouillie infame. Le problème de la bouteille de lait c’est que non seulement il n’y en a qu’une au frais mais aussi que certains personnes pensent que tant que la bouteille n’est pas ouverte il n’est pas utile d’en remettre une au frigo.

Et c’est là que je dis que c’est un supplice, je deviens folle quand il ne reste pas assez de lait froid pour mon bol quotidien du matin, je deviens folle quand ma colocataire (mes frères avant elle) finit le lait froid pour son chocolat CHAUD, et je deviens folle quand il n’y a pas de lait dans le frigo.

La prochaine fois je te dirais pourquoi la douche type Niagara le matin, c’est pas cool quand ton ballon d’eau chaude se recharge la nuit.

What if

Dans le train qui me ramenait chez mes parents pour les fêtes, je me suis mise, malencontreusement à penser à ce qu’aurai été ma vie si…

Ce ” si” peut recouvrir bien des réalités mais une en particulier qui aurait pu tout changer.

Si je n’avais pas eu peur ou si je n’avais pas été stupidement jeune et lâche, je serai sans aucune doute mariée, probablement maman, un vrai cliché digne de rentrer dans le club des anciennes du lycée que je retrouve sur des réseaux sociaux dans des états civils manquant cruellement d’originalité.

J’avais 19 ans quand j’ai rencontré celui qui aurait pu être the Groom, lui 22, je croyais tout savoir sur la vie et pourtant être promise à un bel avenir, et je l’aimais. C’était beau comme tout histoire passionnelle, c’était brulant, je me suis perdue dans cette histoire, il a tout pris, je lui avais tout donné, sauf ma main à marier et ma liberté.

J’avais encore il y a peu ce rêve de robe blanche et de grand banquet de fête, d’enfants gambadant dans mes jupons, la mélodie du bonheur en somme, et puis ce rêve m’a semblé tellement loin, loin des possibilités qui s’offraient à moi, loin de moi et de mes désirs que même s’il y a toujours un pincement comme un revival à l’annonce de fiançailles dans mon entourage, il n’y a plus l’envie.

Après tant d’années, et voyant mes 30 ans pointer le bout de leur nez, je me dis que finallement c’est peut être le Castor qui avait raison. Dommage que celui qui partage ma vie ne ressemble en rien à Sartre…

Pourquoi je suis persuadée que tant que je ne regarderais pas mon compte bancaire, je ne risquerai rien?

Pourquoi je suis persuadée que si je ne réfléchis pas à ce que je ressens, rien de mauvais ne peut arriver?

Pourquoi il m’est plus facile de garder le statut quo plutôt que de me bouger le fion?

Je suis un peu lâche, c’est un fait.

Mais bordel, pourquoi sommes nous obligé de nous confronter à la réalité???

Il serait peut être temps d’écrire enfin quelque chose sur ce blog que j’ai ouvert il y a plus d’un mois maintenant. De se forcer à écrire puisqu’il faut se rendre à l’évidence, je ne sais plus écrire, pas eu le courage, cherchant toujours une échapatoire, faire une bannière, choisir le design, commencer une note, ne jamais la terminer,  la jeter parce quetotalement dénuée d’intérêt. Un saut dans le vide, voilà ce que je veux pour 2010, allez de l’avant en somme. Il faut bien prendre le risque de vivre un jour, et à l’approche de mes 30 ans je me dis qu’il serait vraiment temps.

Bloguer. Encore un blog dans la pleiade, un extrait de vie sans intérêt exibée sans pudeur ou presque. Je le veux simple cet espace, sans fioriture ni extravagance, mais totalement égoïste, juste pour me réhabituer à écrire, juste pour me réhabituer à m’exprimer.

Je peux bien y arriver.

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